Diocese-Trois-Rivieres.org

Taille des caractères
  • Increase font size
  • Default font size
  • Decrease font size
Accueil Pastorale Liturgie La participation

La participation

Envoyer Imprimer PDF

Mais en ce qui concerne la liturgie, on peut définir le rite comme un ensemble d’actions symboliques que l’on répète régulièrement, et dont les formes, tacitement ou explicitement, nous sont prescrites. Mais le rituel est aussi un garde-fou contre la subjectivité, le désordre, l’anarchie. Sans lui, la célébration serait vite tuée par les "inventions" des farfelus, livrée aux mains de ceux qui veulent se faire remarquer. Le rituel n’empêche pas le sentiment et l’affectivité, mais il les canalise, empêchant la célébration de sombrer dans le sentimentalisme, l’affectif, le romantisme. Cette prescription du rite, énoncée plus haut, ne signifie pas cependant que notre liberté ne doive être sollicitée dans sa mise en œuvre. Quand on parle de liberté on suppose une idée de changement; en ce qui concerne la liturgie, celui-ci ne peut s’inscrire que dans la tradition mais ne doit jamais toucher à la Tradition.

LA TRADITION ET LES TRADITIONS
La notion de rite est très liée à l’idée de tradition. Tradition veut dire transmission. En liturgie chrétienne, à propos de l’Eucharistie, il y a la Tradition reçue du Seigneur et il y a la tradition transmise par le corps social de l’Église qui n’échappe pas au phénomène évolutif du rite. Ni le déroulement de la messe dans ses grandes lignes, ni les grands symboles de l’Eucharistie ne peuvent être changés, car ils sont des signes fondamentaux de notre identité chrétienne. Mais il y a dans la liturgie une foule de rites secondaires et de pratiques qui, eux, sont davantage liés à une culture donnée, que nous nommons traditions. L’Église ne veut et ne peut toucher à la Tradition, cependant la liturgie doit être sans cesse réajustée pour correspondre à la culture dans laquelle elle s’insère et au temps historique dans lequel elle se célèbre.

LE RITUALISME La meilleur des choses peut souvent devenir la pire des choses. Ainsi, le rite peut se dégrader en ritualisme. De quoi s’agit-il? C’est accomplir le rite pour le rite, en oubliant ce pour quoi il est fait et surtout ceux pour qui il est fait. "Le sabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat" dit Jésus. Au lieu d’être source de liberté, le rite devient asservissement. Il peut aller de pair avec le légalisme et la bonne conscience: "J’ai fait tout ce qu’il faut et comme il faut", ou pire avec le pharisaïsme: "Malheur à vous, Pharisiens qui purifiez l’extérieur de la coupe et le plat (rite) quand l’intérieur est rempli de rapine et d’intempérance" (Mt 23, 25). Le ritualisme peut même aller jusqu’à l’idolâtrie, si accomplir le rite est une façon de mettre la main sur Dieu.

LE RUBRICISME
Le rubricisme c’est l’observation scrupuleuse, mais superficielle, des rubriques, ces petites notules inscrites en rouge qui dans les livres liturgiques indiquent ce qu’il faut faire et comment il faut le faire. L’attitude rubriciste consiste à exécuter matériellement les prescriptions, d’une part sans y investir, non sa foi ou sa piété, mais au moins son corps. On me dit d’étendre les bras? J’étends les bras, mais ce n’est pas vraiment mon geste. Et le geste perd sa signification. D’autre part, on accomplit le rite sans se soucier de sa visée (par exemple ont dit "Prions le Seigneur" et on ne laisse pas le temps suffisant pour prier), ni se soucier de l’assemblée à laquelle le rite est destiné. Pour combattre cette mentalité, deux remèdes: s’engager à l’intérieur du rite et connaître ce que veut faire l’Église en nous le proposant; et les rites, les gestes, les paroles, les objets trouveront d’eux-mêmes leur accomplissement le plus expressif.
ET LE CHANGEMENT LUI? Il faut bien le dire, outre les déviations du ritualisme ou du rubricisme, le rite est aussi menacé d’usure. Dans la liturgie, que de gestes sont devenus automatiques: le signe de croix, le fait de se lever ou de s’asseoir. Il y a deux façons de palier à l’usure menaçante du rite: d’abord le vivre de l’intérieur, et puis modifier légèrement les habitudes autour du rite, de manière à créer un contraste avec la pratique ordinaire. Le contraste renouvelle l’attention et réveille la signification. Le contraste réveille l’attention, par exemple: on est habitué aux rites de la consécration, en particulier les inclinaisons risquent de devenir automatiques; tel dimanche où est célébrée plus particulièrement la Présence du Seigneur, on encense le Corps et le Sang du Christ ou/et on invite le Peuple à faire une assez longue inclinaison. On n’a pas supprimé le rite, mais on a modifié légèrement la façon de le faire et ceci a des chances de rejaillir sur les autres dimanches où le rite s’accomplira de manière ordinaire. Autrement dit: le rite est un canevas sur lequel on peut et doit broder, mais il importe de bien connaître le canevas.
CONCLUSION
Que de fois n’entendons-nous pas "Oh! la messe, c’est toujours pareil." Oui, c’est toujours pareil, comme sont toujours pareils le bonjour matinal, la fête d’anniversaire. Et pourtant, c’est toujours neuf. Toujours neuf parce que les personnes sont différentes ou ont évolué, parce que l’histoire dans laquelle s’inscrivent ces gestes a bougé. Mais toujours neuf parce qu’à l’intérieur du schéma rituel que l’on respecte, on a fait preuve d’imagination: par exemple pour l’anniversaire, le menu du repas sera différent, d’autres personnes auront été invitées, le cadeau sera évidemment différent. Habituellement on s’ingénie "à trouver du nouveau" tout en resspectant le programme rituel.

 

Au fil de la Parole

« Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple: Aujourd'hui vous est né un Sauveur, dans la vie de David. Il est le Messie, le Seigneur. » (Luc 2, 10-11)